Cela peut surprendre vu leur apparence, fixé au fond de la mer, sans parler de l’absence de muscles, tube digestif ou même système nerveux, mais ce sont bien des animaux, comme l’atteste la présence de collagène (une famille de protéines caractéristique des animaux) ou de spermatozoïdes (une cellule typique des animaux).
Les éponges sont même les premiers animaux à être apparus sur notre planète, possiblement il a plus de 600 millions d’années. Aujourd’hui ils représentent environ 9 000 espèces réparties sur toute la surface de la Terre, aussi bien en eau douce que dans la mer, à toutes les latitudes, et à toutes les profondeurs.
Les éponges ont des formes et des couleurs variées. Ces formes sont le fruit d’un squelette fait de protéines (la spongine) et/ou de minéral (soit à partir de silice, soir à partir de calcaire). Les éponges sont les seuls animaux à utiliser la silice pour construire l’intégralité de leur squelette. Les éléments constitutifs du squelette sont appelés ‘spicules’. La diversité des spicules ainsi produite est très grande et fournit des caractères facilement observables par les taxonomistes.
Aussi, la classification des éponges siliceuses repose en grande partie sur la morphologie de ces spicules. Les trois classes d’éponges à produire des spicules siliceux sont ‘les éponges de verre’ ou Hexactinellida (618 espèces), les Homoscleromorpha (103 espèces) et les Demospongiae (7260 espèces). La quatrième classe, les Calcarea (715 espèces), produit uniquement des spicules calcaires.
On estime qu’il reste environ plus 9 000 espèces d’éponges à découvrir et décrire. Lors de l’expédition KANADEEP 2, plusieurs éponges récoltées sont potentiellement nouvelles.
Le ROV a découvert un champ d’éponges à 800 mètres de profondeur dans un canyon sous-marin.