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Missions - Présentation

La Nouvelle-Calédonie est un exceptionnel centre d’endémisme. L’exploration et la découverte de nouvelles espèces seront essentiellement ciblées sur les invertébrés terrestres et marins, les mousses et champignons, qui sont les groupes d’organismes les plus diversifiés et pourtant les plus méconnus, en Nouvelle-Calédonie comme dans le reste du monde. L’approche « expédition » permettra, quant à elle, en mutualisant sur un temps court de grands moyens logistiques et humains, l’exploration de régions difficiles d’accès et de milieux et d’habitats mal connus à fort enjeu de gestion et conservation.

Mieux connaître l’extraordinaire biodiversité de la Nouvelle-Calédonie

Le projet La Planète Revisitée cible les compartiments les moins bien connus de la biodiversité néo-calédonienne, pour des cibles géographiques qui présentent également un manque de données et dans un contexte où les décideurs sont en demande de nouvelles connaissances (cas notamment de la « Côte Oubliée » en Province Sud où il existe un moratoire sur les activités minières). Malgré la quantité et la qualité des données déjà acquises sur la Nouvelle-Calédonie, celles-ci pêchent souvent par deux faiblesses par rapport aux normes scientifiques actuelles : l’absence de données moléculaires (séquences ADN) et numériques (images des animaux vivants, sons) associées aux organismes dans la nature, l’imprécision de leur géolocalisation, particulièrement indispensables compte tenu du micro-endémisme. La Nouvelle-Calédonie a pris des mesures de gestion d’immenses espaces naturels (Patrimoine Mondial UNESCO, site Ramsar, Parc Marin de la Mer de Corail), mais la prise en compte du micro-endémisme reste un enjeu majeur de conservation de sa biodiversité.

L’une des nouveautés du programme La Planète Revisitée, sera de réaliser la première exploration de la biodiversité des eaux souterraines en Nouvelle-Calédonie et la première caractérisation complète de la biodiversité des eaux douces du périmètre Ramsar. L’autre nouveauté du programme, et ce par rapport aux spécificités si particulières de la Nouvelle-Calédonie, est d’expérimenter une nouvelle approche de description de la biodiversité : la métagénomique environnementale. Utilisée habituellement pour les bactéries, elle sera ici testée sur des communautés entières d’insecte. La communauté sera séquencée dans son ensemble, ce qui permettra d’obtenir une estimation du nombre d’espèces et de parvenir à leur identification grâce à la construction en parallèle de bibliothèques de référence de séquences d’ADN pré-identifiées. Même sans analyse taxonomique des experts, des taux de recouvrement (espèces présentes au même endroit) et de micro-endémisme (espèces présentes seulement dans ce seul lieu) pourront être analysées pour les différents bassins versants et massifs forestiers.

Le programme

Six modules ont été retenus pour la période 2016-2017. D’autres terrains pourront faire l’objet de modules additionnels en 2018.

 

La Planète Revisitée en Nouvelle-Calédonie La Planète Revisitée en Nouvelle-Calédonie

Kanacono (août 2016)

Programmée en août 2016 à bord du navire océanographique Alis, cette campagne marine hauturière a pour but l’exploration de la faune benthique profonde (entre 100 et 800 m) autour de l’Île des Pins et sur le nord de la Ride de Norfolk. L’équipe embarquée (6 personnes) a travaillé de concert avec un petit groupe basé à terre (6 personnes), sur l’Île des Pins, ayant installé une chaîne de tri pour traiter les très petits spécimens vivants. Une attention particulière a été portée aux cônes, groupe de mollusques marins venimeux, pour lequel la ride de Norfolk constitue un remarquable centre d’endémisme.

 

Expédition hydrobiologique dans les eaux intérieures de la Grande-Terre (nov. 2016, juin et nov. 2017)

Guidé par le découpage des six hydro-écorégions reconnues sur la Grande Terre, le module (20 participants) visera un échantillonnage à large couverture géographique en commençant, en novembre 2016, par la « Plaine des Lacs » - met, d’une manière générale, le périmètre Ramsar - dans le Grand Sud, puis les autres bassins versants et aquifères des deux Provinces. Les organismes visés sont les invertébrés et les organismes unicellulaires (micro-algues et protistes). L’ambition de cette expédition est de couvrir l’ensemble des habitats aquatiques de la Grande Terre des îles Belep et de l’Île des Pins (eaux courantes, sources et suintements, eaux souterraines, mares et dolines) au cours des saisons 2016 et 2017.

 

Expédition terrestre sur la Côte Oubliée (nov. 2016)

Cette opération mobilisera 17 participants en novembre 2016. Deux sites (« Bwa Bwi » et « Kwakwé ») seront prospectés successivement par l’ensemble de l’équipe, le troisième site (« Ouinné ») sera prospecté par une équipe réduite. Le dispositif prévoit de caractériser le profil des communautés d’insectes selon un protocole standardisé sur les trois sites afin de comparer leur diversité. L’opération propose notamment de caractériser les communautés des insectes du sous-bois des forêts du Sud de la Nouvelle-Calédonie par la méthode de la métagénomique environnementale, afin d’évaluer l’efficacité de cette méthode en plein essor dans le cadre de l’exploration de la biodiversité. Plusieurs autres groupes biologiques emblématiques de la biodiversité calédonienne – lézards, mollusques, arbres – seront aussi échantillonnés.

 

Kanadeep et atelier flottant en mer de Corail (sept. 2017)

Une campagne océanographique hauturière de 20 jours à bord de l’Alis (6 personnes) échantillonnera la faune benthique profonde (entre 100-1000 m) par dragages et chalutages et, en parallèle, un atelier flottant impliquant dix personnes échantillonnera pendant 30 jours la faune et la flore côtières (entre 0-100 m) par plongées (diurnes et nocturnes), collectes à marée basse et dragues légères. La cible géographique comprend l’ensemble des plateaux des Chesterfield et des Bellona, ainsi que les récifs Lansdowne-Fairway.

 

Expédition côtière (sept. - oct. 2017)

Mobilisant 40 personnes avec une base logistique installée en bord de mer, ce volet marin côtier couvrira l’ensemble de la zone s’étendant des bouches du Diahot à la passe d’Amos y compris le plateau de Balabio et le lagon jusqu’au récif barrière. Le dispositif consiste en des sorties à la demi-journée dans un rayon de 1 à 2 heures par petites embarcations pour l’échantillonnage des petits fonds (0-60 m) - à marée basse, en plongée et par filets - en maximisant la diversité des habitats ; puis traitement des échantillons dans un laboratoire installé à terre. Les groupes cibles seront les invertébrés et les algues.

 

Expédition terrestre dans les massifs enclavés de l’Inédète et du Tchingou (nov. 2017)

Cette opération, programmée pour novembre 2017, reprendra les principes de l’opération Côte Oubliée, avec également trois sites prospectés : le Katalupaik et le Tonine dans le massif de l’Inédète et le massif du Tchingou. L’équipe et les protocoles sont identiques à ceux de la « Côte Oubliée » afin d’établir des comparaisons avec les résultats obtenus en Province Sud.