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Koumac 2018

Exploration de la biodiversité marine des lagons de Koumac, Kaala-Gomen et des bouches du Diahot

Le projet d’exploration marine en Province Nord englobe l’espace lagonnaire des communes de Koumac, Kaala-Gomen et Ouegoa (« Bouches du Diahot ») sur deux périodes distinctes, en 2018 (septembre) et 2019.

Les objectifs de l'expédition Koumac

Ce projet est conçu pour répondre au mieux aux objectifs scientifiques et de gestion, à la demande de la province nord, gestionnaire de l’espace :

1. Explorer la zone d’étude de Koumac, 25 ans après la première étude réalisée par le MNHN en 1993 sur ce territoire et réactualiser l’inventaire de la biodiversité marine, en utilisant les nouvelles techniques liées aux révolutions moléculaires et numériques, tout en élargissant la zone d’étude.

2. Mesurer la richesse spécifique (nombre d’espèces) dans un milieu corallien complexe, en focalisant sur des groupes encore largement méconnus.

3. Relever d’éventuelles perturbations des écosystèmes en comparant les résultats avec l’inventaire de 1993.

Les moyens déployés pour l'inventaire dans le Grand Nord

Le projet d’exploration est organisé en deux campagnes de 30 jours, qui auront lieu en 2018 et en 2019. Un laboratoire a été installé pour l’occasion sur le port de Koumac dans les bâtiments de l’ancienne pêcheries.

- Étape 1. Du 01 au 30 septembre 2018, l’accent est porté sur les grandes espèces, visibles à l’œil nu. Les "chasseurs-cueilleurs" ramassent, par cueillette à marée basse et par plongée, les espèces plus grandes, que celles-ci soit associées, commensales, parasites, ou carnassières.

Des structures de suivi autonome de récifs, appelés ARMS pour Artificial Reefs Monitoring Systems, ainsi que des "lumun lumun", filets immergés dans 50-150 mètres d'eau et laissé à la colonisation des espèces benthiques, sont déployés sur les fonds marins, pour n’être récupéré qu’un an après, lors de l’étape 2.

Un ROV (véhicule sous-marin téléguidé) est également utilisé. Piloté depuis la surface, il peut collecter des échantillons jusqu’à 130m de profondeur.

Collecte en plongée à Koumac © Laurent Charles / MNHN Collecte en plongée à Koumac © Laurent Charles / MNHN
Exploration du littoral à pied © Laurent Charles / MNHN Exploration du littoral à pied © Laurent Charles / MNHN
Structure de suivi autonome de récifs (ARMS) © Laurent Charles / MNHN Structure de suivi autonome de récifs (ARMS) © Laurent Charles / MNHN
Partie émergée du ROV, véhicule sous-marin téléguidé © Laurent Charles / MNHN / CNRS Partie émergée du ROV, véhicule sous-marin téléguidé © Laurent Charles / MNHN / CNRS

- Étape 2. Du 1 au 30 septembre 2019, l’accent est porté sur l'"échantillonnage en vrac", permettant l’inventaire de spécimens non visibles à l’œil nu. Les méthodes de collecte en « vrac » sont utilisées (panier de brossage, suceuse et dragage à main) et génèrent des résidus à tamiser, fractionner et trier suivant les différentes tailles des fractions obtenues. Les fractions les plus fines étant observées et triées sous la loupe binoculaire.

Les ARMS et les lumuns lumuns déployés l’année passée seront récupérés.

Pour chacune de ces étapes, les organismes sont étudiés vivants après chaque collecte. Certains des spécimens remarquables ou représentatifs sont photographiés vivants in situ ou en laboratoire et sont traités pour le séquençage de l'ADN (barcoding). Les spécimens sont ensuite conditionnés dans de l’alcool à 75°, en vue d’être étudiés par le réseau d’experts taxonomiques internationaux mobilisé par le MNHN.

Un atelier de tri post-expédition se tiendra en début d’année 2020, afin que les échantillons récoltés lors de l’étape 2 puissent être triés jusqu’à la morpho-espèce (famille, voire genre). Ceux-ci seront ensuite envoyés à un réseau d’expert international, constitué principalement d’amateurs, qui sont parfois les seuls spécialistes de la famille concernée. C’est surtout à ce moment que les détermination d’espèce sont faites, et que les potentielles espèces nouvelles sont découvertes et décrites!