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A la recherche des chitons perdus

Les chitons, ou polyplacophores, sont une des classes du grand groupe (phylum) des mollusques. Ils ne sont pas très connus du grand public car ils n’ont pas une importance économique et ils vivent exclusivement en mer sur des rochers ou sous les pierres. On les trouve dans la zone des marées jusqu’à une profondeur de 8 000 mètres.

Les chitons ont une coquille articulée, constituée de huit plaques superposées et entourée d’une ceinture flexible. Cette ceinture est couverte d’écailles ou d’épines qui, avec la sculpture des plaques, représentent des caractères morphologiques très importants pour l’identification des différentes espèces. Comme les escargots et les berniques, leur partie ventrale est constitué de leur tête et d’un grand pied musclé. De chaque côté du pied, il y a une cavité où pendent une série de branchies.

La collecte se fait surtout à marée basse en retournant des pierres et des morceaux de coraux mort. Il faut les décoller avec un couteau car ils sont capables de se coller très fort à leur support. Une fois décollé, le chiton va s’enrouler pour se protéger. Arrivé au laboratoire on les met dans des bocaux avec de l’eau de mer pour qu’ils se déroulent.

Les spécimens les plus intéressants et les plus beaux sont photographiés. On les attache ensuite avec de la ficèle sur des règles en plastique pour les garder à plat et on les plonge dans l’alcool pour les conserver.

Marée © Elise Trinquet / MNHN Marée © Elise Trinquet / MNHN
Conditionnement des chitons © Elise Trinquet / MNHN Conditionnement des chitons © Elise Trinquet / MNHN
Pour rester à plat, ils doivent être préalablement ligotés sur une surface plate © Elise Trinquet / MNHN Pour rester à plat, ils doivent être préalablement ligotés sur une surface plate © Elise Trinquet / MNHN

Dans le monde, il y a autour de 1 000 espèces de chiton. En Nouvelle-Calédonie il y a une quarantaine d’espèces recensées, dont certaines ne sont plus retrouvées depuis leur première description, qui date du 19ème siècle. La précédente expédition du Muséum en 1993 à Koumac dans le nord-ouest de l’ile avait permis d’inventorier ou retrouver 16 espèces. Au bout de 6 jours d’expédition seulement, 16 espèces sont déjà répertoriées, dont certaines n’était pas listée dans l’inventaire de 93. Cette expédition promet d’être riche en chitons !  

Acanthopleura gemmata, est la plus grande espèce de chiton (10 à 12 cm) de Nouvelle-Calédonie. Commune, c’est la seule espèce qui est mangé en Nouvelle-Calédonie  © Hermann Strack / MNHN Acanthopleura gemmata, est la plus grande espèce de chiton (10 à 12 cm) de Nouvelle-Calédonie. Commune, c’est la seule espèce qui est mangé en Nouvelle-Calédonie © Hermann Strack / MNHN
Rhyssoplax discolor, chtiton endémique pour la Nouvelle-Calédonie © Laurent Charles/ MNHN Rhyssoplax discolor, chtiton endémique pour la Nouvelle-Calédonie © Laurent Charles/ MNHN
Rhyssoplax sp., chiton de couleur vive  © Laurent Charles/ MNHN Rhyssoplax sp., chiton de couleur vive © Laurent Charles/ MNHN
Parachiton acuminatus, espèce assez rare de chiton qui aime les fonds sableux © Laurent Charles/ MNHN Parachiton acuminatus, espèce assez rare de chiton qui aime les fonds sableux © Laurent Charles/ MNHN
Cryptoplax elioti, un chiton vermiforme avec des plaques quasi-invisibles © Laurent Charles/ MNHN Cryptoplax elioti, un chiton vermiforme avec des plaques quasi-invisibles © Laurent Charles/ MNHN

Par Hermann Strack.