5300

La technologie s'inspire des éponges de verre

La bioinspiration ou le développement de nouveaux matériaux, dispositifs et structures inspirés par les solutions trouvées dans les systèmes biologiques.

Les éponges de verre, ou hexactinellides, comptent environ 500 espèces. Elles sont particulièrement abondantes et assez diversifiées dans la zone de profondeur explorée lors de Kanadeep 2. Ces éponges sont souvent magnifiques in situ, mais méconnaissables quand elles sont remontées dans les dragues ou les chaluts. Les images réalisées par le robot Victor permettent de mieux comprendre le mode de vie de ces curieux organismes.

Eponge photographiée in situ par le ROV Victor © MNHN/IFREMER-KANADEEP-2019 Eponge photographiée in situ par le ROV Victor © MNHN/IFREMER-KANADEEP-2019
Eponge 2 photographiée in situ par le ROV Victor  © MNHN/IFREMER-KANADEEP-2019 Eponge 2 photographiée in situ par le ROV Victor © MNHN/IFREMER-KANADEEP-2019

 Leur squelette est constitué de spicules de silice, certaines possèdent aussi un long pied de fibres siliceuses, permettant à ces organismes de maintenir la partie filtrante de l’éponge hors des sédiments. La solidité de cette tige lui permet de résister aux forts courants marins.

Des spicules d'éponges © Carole Bernard / CIE.NC / MNHN Des spicules d'éponges © Carole Bernard / CIE.NC / MNHN

Les longues fibres et les spicules du squelette de ces animaux sont biosynthétisés à partir de la silice environnementale à l’aide d’enzymes, les « silicateines ». Leur rôle dans l’organisme est complexe, mais ils sont à l’origine de développements technologiques « bio-inspirés ». Les applications de ce biomatériau sont diverses. Par exemple, ces fibres de silice  sont le premier modèle de fibre optique, dont la solidité naturelle  n’a encore jamais été égalée. Certains spicules géants de l’espèce Monoraphis chuni mesurent plus de 2 m !

Par Cécile Debitus