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Les éponges sont des animaux.

Les éponges, des organismes surprenants...

Cela peut surprendre vu leur apparence, fixé au fond de la mer, sans parler de l’absence de muscles, tube digestif ou même système nerveux, mais ce sont bien des animaux, comme l’atteste la présence de collagène (une famille de protéines caractéristique des animaux) ou de spermatozoïdes (une cellule typique des animaux).

Les éponges sont même les premiers animaux à être apparus sur notre planète, possiblement il a plus de 600 millions d’années. Aujourd’hui ils représentent environ 9 000 espèces réparties sur toute la surface de la Terre, aussi bien en eau douce que dans la mer, à toutes les latitudes, et à toutes les profondeurs.

Les éponges ont des formes et des couleurs variées. Ces formes sont le fruit d’un squelette fait de protéines (la spongine) et/ou de minéral (soit à partir de silice, soir à partir de calcaire). Les éponges sont les seuls animaux à utiliser la silice pour construire l’intégralité de leur squelette. Les éléments constitutifs du squelette sont appelés ‘spicules’. La diversité des spicules ainsi produite est très grande et fournit des caractères facilement observables par les taxonomistes.

Aussi, la classification des éponges siliceuses repose en grande partie sur la morphologie de ces spicules. Les trois classes d’éponges à produire des spicules siliceux sont ‘les éponges de verre’ ou Hexactinellida (618 espèces), les Homoscleromorpha (103 espèces) et les Demospongiae (7260 espèces). La quatrième classe, les Calcarea (715 espèces), produit uniquement des spicules calcaires.

On estime qu’il reste environ plus 9 000 espèces d’éponges à découvrir et décrire. Lors de l’expédition KANADEEP 2, plusieurs éponges récoltées sont potentiellement nouvelles.

Le ROV a découvert un champ d’éponges à 800 mètres de profondeur dans un canyon sous-marin.

Un champ d'éponges © MNHN/IFREMER-KANADEEP-2019 Un champ d'éponges © MNHN/IFREMER-KANADEEP-2019

Une éponge de verre (Hexactinellida), sur laquelle des comatules aiment se poser.

Eponge de verre et comatules © MNHN/IFREMER-KANADEEP-2019 Eponge de verre et comatules © MNHN/IFREMER-KANADEEP-2019

Le robot collecte deux éponges de verre.

Collecte de deux éponges de verre par le ROV Victor © MNHN/IFREMER-KANADEEP-2019 Collecte de deux éponges de verre par le ROV Victor © MNHN/IFREMER-KANADEEP-2019

A 1000 m de profondeur, nous apercevons de splendides éponges, très probablement de nouvelles espèces pour la science.

Probablement de nouvelles espèces ©  MNHN/IFREMER-KANADEEP-2019 Probablement de nouvelles espèces © MNHN/IFREMER-KANADEEP-2019

Avec le ROV nous pouvons aussi prélever l’eau qui sort des éponges, afin d’analyser les composés chimiques et les bactéries expulsés par l’éponge.

 

Aspiration de l'eau sortant d'une éponge pour analyses chimique et bactérienne © MNHN/IFREMER-KANADEEP-2019 Aspiration de l'eau sortant d'une éponge pour analyses chimique et bactérienne © MNHN/IFREMER-KANADEEP-2019

Certaines éponges ont développé en profondeur de nouvelles stratégies pour se nourrir, c’est le cas des éponges carnivores qui, au lieu de filtrer l’eau, vont attraper et se nourrir de petits crustacés.

Eponges carnivores © MNHN/IFREMER-KANADEEP-2019 Eponges carnivores © MNHN/IFREMER-KANADEEP-2019

Dr. Paco Cardenas, Chercheur